Pour repartir de Chaiten, Mark nous avait réservé deux places dans l’avion pour Puerto Montt. Les tickets se sont égarés, mais on était dans la liste des passagers, donc pas de souci, faut être à l’aéroport à 18h15. Petit stress quand on dit à Mark qu’un Cessna Caravan est parti à 17h45: et si c’était le notre??? Mais non, peu après que l’on arrive à l’aérodrome de Chaiten à 18h00 on voit un autre Cessna Caravan arriver. Pas de danger de perdre son bagage, ils sont en haut de la pile. Youpiiiiiiiiiiii!!!
Pas de places attitrées ici: on s’installe juste derrière le pilote avec mon appareil photo en main, et les 5 autres passagers derrière nous. On va jusqu’au bout de la piste, puis on fait demi-tour:
Et c’est partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!!
Au revoir Chaiten! Au revoir gigantestque glacier!
Au revoir rivières turquoises!
Pendant que moi je regarde par la fenêtre Ryan est captivé par l’art du pilotage.
Il a même recréé ce vol sur son simulateur de vol à la maison: même avion, presque même trajet (l’aérodrome de Puerto Montt n’était pas dans la liste d’aéroports donc il a dû atterrir à l’aéroport normal, ce qu’on aurait préféré en vrai), même météo, et il n’a même pas crashé.
Tiens d’autres volcans, et on commence notre descente après 30 minutes de vol, on doit être bientôt arrivés.
C’est là que commence une série de surprises plus ou moins bienvenues. D’abord, on atterrit sur un bout de piste minuscule avec 2-3 petits avions du même calibre: heu, c’est pas possible que notre avion pour Santiago soit parmi ceux-là, et on n’a pas des tonnes de temps avant notre connection, hein? La dame de Patagonia Airlines nous dit qu’il faut prendre un taxi pour l’aéroport, le vrai, et que ça va coûter $8 000 pesos. Dommage, on n’en a que 7 000, que l’on complémentera par quelques dollars. Plus de détails sur la monnaie chilienne à suivre. On prend donc un taxi, qui nous trimballe dans une circulation pas possible pendant une demie-heure jusqu’à l’aéroport en plein milieu de la campagne. Bon, on a encore 45 minutes avant le décollage de notre premier vol sur nos 3 pour revenir à la maison. Là, la dame de LAN (la compagnie aérienne sud-américaine) tapote longuement sur son ordi, puis va consulter ses collègues... Mais qu’est-ce qui se passe? En plus elle ne baragouine que quelques mots d’anglais, et mon espagnol est assez limité en vocabulaire... Elle nous dit qu’American Airlines a fait une erreur dans notre itinéraire, et que notre premier vol, marqué de 20h25 à 22h00 sur notre ticket électronique arrive en fait à Santiago à 23h00 car Santiago est censé être une heure plus tard (dans un pays tout en longueur verticale ça parait bizarre, mais on n’est pas en mesure de discuter), et que notre seule solution c’est de prendre le même vol Santiago - NY le lendemain soir au lieu du soir-même, et qu’elle ne peut rien faire pour notre vol NY - Boston, nous laissant au bon vouloir des interlocuteurs suivants... QUOI??? Après moultes discussions, grincements de dents et tapotages de clavier elle nous donne finalement des tickets pour notre premier vol, qui, au fait, est retardé de 3 heures. Chapeaux les amis, non pas une mais deux raisons d’être pas contents! Bref on poirreaute un moment dans l’aéroport, désespérés de devoir passer la nuit dans l’aéroport de Santiago un coup rendus là-bas à 2h du mat’, puis on décide plutôt de changer notre premier vol en retard pour un autre le lendemain, et de passer la nuit dans un hôtel à Puerto Montt à la place. Merveilleuse idée, passer la première nuit de nos 44h de voyage dans un lit! En tout cas heureusement qu’on était deux pour ce genre de souci, parce que si j’avais été toute seule (sans ordi) ça n’aurait pas été rigolo DU TOUT. Voilà comment on a fait un arrêt imprévu à Puerto Montt.
Vue de l’aéroport pendant la soirée déprime du voyage:
Le lendemain matin, au lieu d’être à NY dans la file d’immigration comme prévu, on va se promener dans Puerto Montt. Cette ville est un chantier permanent et un marché de rue en même temps. On est mercredi matin au passage, et ça grouille de partout:
Des poteaux électriques de première classe:
Et un joyeux mélange de cultures et de moyens:
Qui veut de la belle saucisse jouflue?
Une belle salade ou une botte de radis?
Les Chiliens sont généralement plus typés sud-américains que les Argentins, qui ont énormément d’influence européenne.
Les couleurs sont toujours dynamiques, ça réchauffe l’oeil.
Et comme promis, un petit topo sur la monnaie chilienne. Le taux de change est 400 pesos pour US$1, ou 600 pesos pour 1 euro, ce qui rajoute nombre de zéros aux étiquettes de prix. Ceci dit les étiquettes en question utilisent le signe “$” quand même, ce qui pousse la bouteille d’eau à $600 et ces générateurs en promo de $200 000 à $900 000.
Ceci dit j’étais assez surprise (par rapport au Mexique ou à la Chine par exemple) de voir le coût de la vie à peu près 80% des prix américains en Argentine et 90% au Chili. La conclusion que les mauvaises langues vont tirer c’est que les US descendent bien bas, mais je ne vais pas rentrer dans ce débat.
Bref après cette promenade dans Puerto Montt, on retourne à l’aéroport et on prend l’avion de 13h30 pour Santiago. Beaucoup d’agriculture coincée entre le Pacifique et les montagnes:
Rendus là-bas, American Airlines et LAN se renvoient la balle de la faute qui nous cause 24h de retard, mais sont d’accord d’une chose: il n’y a pas de décalage horaire entre Santiago et Puerto Montt, grrrrrrrrr... Il parait qu’ils
auraient dû changer d’horaire mais ne l’ont pas fait. Franchement, comment une entreprise aussi dépendante de l’heure peut ne pas être sûre de leur propre heure? Heureusement, le restau de l’aéroport est plutôt bon, et on se régale de sushis et de pisco sours (le cocktail local) avant d’embarquer, de faire une escale à Lima et de trouver notre chemin vers Boston avec seulement quelques discussions à NY. Que d’aventures!
Et vous serez ravis d’apprendre que depuis que nous sommes revenus, j’ai revé à plusieurs reprises que nous sommes coincés à Santiago et qu’on n’a pas moyen de revenir à la maison...
Pour conclure ce voyage, voici comme promis les albums photos un peu plus détaillés: Ryan a tout sur son
photoblog et voici
le mien